HTML5
Quelques éléments pour savoir à quoi s'en tenir avec le HTML5 qui arrive (pour de vrai).
Firefox et Safari sont déjà plus ou moins compatibles, les projets de Google, Wave et Chrome, misent tout dessus, et l'annonce de ses potentialités a déjà commencé de susciter un large débat et un concert de louanges dans la communauté des webdéveloppeurs web. Eh oui, le HTML5 montre le bout de son nez. Vous n'êtes pas tout à fait au jus de ce qu'il signifie, voici quelques explications.

En termes stratégiques et/ou historiques, le HTML5 se caractérise par deux aspects principaux :
- il finalise une réelle orthodoxie dans l'écriture du code, notamment sur le distingo présentation / structure;
- il devient réellement un outil de production et de diffusion multimedia.
Par le passé en effet, le premier point avait fait (et continue de faire) dresser les cheveux sur la tête des informaticiens, pour qui le "code" (notez les guillemets exprimant le doute) du HyperText Markup Language était au plus un plat de spaghettis refroidis (notez l'allusion au "spaghetti code", mais en pire). Entre autres choses, le HTML mélangeait allégrement la présentation et la structure, une hérésie. Les navigateurs pouvaient interpréter à loisir du code mal fichu. Et surtout, le web n'était pas sémantique dans sa conception même.
C'est principalement le XHTML et les CSS qui vont remédier à cette carence initiale, sans parler des micro-formats pour l'aspect sémantique. Nous sommes en 2003 / 2004, les WebStandards débarquent (ou s'imposent comme une évidence). Merci à Jeffrey Zeldman (dont nous avions ici-même passé l'un des ouvrages en revue) et consorts. La conception web est bel et bien marquée, en témoigne l'adoption en l'espace de deux ou trois années de ces pratiques de conception, notamment sous l'impulsion (cause ou conséquence d'ailleurs) des blogs et d'une forme de standardisation de la structure.
Le second point est aussi intéressant. Multimédia le web ? Il y a belle lurette que l'on a omis d'utiliser ce terme… Multimédia veut tout et rien dire. En tout cas, il s'applique difficilement au web qui n'a pu mériter ce titre qu'à coups de rafistolages.
Je veux parler de Flash bien évidemment. La plate-forme que tout le monde attendait et qui n'a jamais vraiment remporté la mise ne s'est finalement imposée qu'à partir du moment où ses codecs vidéos en ont fait un dénominateur commun pour les YouTube et autres DailyMotion. Avant, c'était la galère entre QuickTime, Windows Media (excusez-moi, je m'embrouille dans les spécifications Microsoft) et Real Media. Qui choisir ? Flash, présent en plug-in sur plus de 90% des navigateurs et plates-formes a mis tout le monde d'accord. Le plus petit dénominateur commun en somme.
Pour autant, ça n'est pas parce qu'on intègre une vidéo sur son websaïtche (um abraço pro Chico do Brasil) qu'on est dans le multimédia, pas comme on le rêvait au début des années 1990 en tout cas.
Voilà en simplifiant où on en est avant le HTML5. Oui, direz-vous, mais le Web 2.0, c'est quand même le gros truc du moment et d'un peu avant, non ? Certes, mais l'idée du HTML5, c'est de rendre les choses encore plus facile, notamment parce que JavaScript va pouvoir être utilisé de façon un peu plus simple. Allez, on commence le tour du propriétaire.
le HTML5 n'est pas qu'une suite de balises améliorées
Soyons clair : selon les spécifications du W3C, le HTML5 est un ensemble de spécifications précisant comment le HTML5 doit être formaté et utilisé pour rendre du texte, de l'image, du multimédia, mais aussi des applications, des formulaires de recherche et tout ce qu'on peut trouver dans notre navigateur. Il s'agit donc plus que des nouveaux éléments (notamment des balises). Il s'agit d'une espèce de guide de développement, d'une série de "meilleures pratiques" couvrant tout ce que le web est sensé faire, notamment dans les terminaux mobiles, pour optimiser toutes les potentialités offertes par les navigateurs (à part IE, comme toujours à la traîne).
les points marquants

Google, Apple, Mozilla, et d'autres ont déjà intégré les potentialités de ce standard. En voici les plus marquantes :
- stockage off line : considérez ça comme des "cookies survitaminés", avec suffisamment d'espace pour les données qui ne servent qu'un fois et les applications persistantes comme les emails; si vous ne voyez toujours pas, les Google Gears en sont un bon exemple (d'après ce que j'ai d'ailleurs compris, Google abandonne cette technologie en faveur… du HTML5); en plus on n'aura pas besoin d'installer le moindre plug-in ou d'effectuer une configuration exotique; ;
- du graphisme modifiable : le concepteur pourra prévoir un espace sur une page où des images interactives, des graphiques (style histogrames), des séquences ou sprites de jeux, etc. seront accessibles à l'utilisateur, sans qu'un applicatif ou plug-in spécifique soit à installer;
- support natif du streaming audio et video : cela va entraîner des gros chamboulements dans les formats et autres standards de production et de compression, mais des sites comme YouTube, Pandora, DailyMotion, etc. vont pouvoir se passer de Flash (plus de .flv donc) et débiter du son et de l'image animée avec en plus quelques fonctionnalités annexes;
- géolocation : le HTML5 est censé pouvoir gérer… votre géolocation et utiliser ce paramètre pour affiner les résultats de recherches, tagger vos mises à jour Twitter, etc.; il est évident que c'est un gros enjeu pour les terminaux (mobiles entre autres) mais aussi pour la confidentialité des utilisateurs;
- des formulaires plus intelligents : c'était le seul moyen jusqu'à présent pour une entrée de données dans une page web (sans parler des différents éléments, tels que les mouvements de souris ou les frappes au clavier); mais tous les concepteurs web savaient combien il fallait prêter un soin particulier pour une ergonomie réussie dans cette partie; le HTML5 fournit l'environnement pour des formulaires enfin souples, efficaces et sécurisés;
- des applicatifs web boostés : des wikis aux forums de discussion, en passant par les outils de glisser-déposer et les chats en temps réel, le HTML5 doit rendre la conception et le développement de ces applicatifs plus facile et surtout, au comportement homogène sur les divers navigateurs.
du HTML5 en action
Voici quelques démos videos :
Google I/O 2009 Keynote, première partie
Firefox 3.5 traite les vidéos comme des pages web :
Bien dur, il faut piger le roast beef, mais bon, vous étiez prévenu(e)(s)… À la prochaine pour plus d'infos là-dessus.
Ah oui, j'oubliais :les images proviennent de l'introduction de Bruce Lawson au HTML5. Merci à lui.
tags : HTML5
mis en ligne : Wed Dec 2 14:46:34 CEST 2009